Editorial:

À bout de souffle…


Voici donc le 33e numéro des Carnets. Un numéro d’avril en mai, certes ! Mais il est là et c’est sans doute l’essentiel. Un de plus… Au suivant ?
En regardant la pile de 12,5cm de haut des 33 magazines publiés – sans oublier les trois hors-séries –, on peut être dans une certaine mesure satisfaits. La liste des contributeurs, les articles publiés, les reportages photos, les dessins, tout cela fait une somme de connaissances, et d’érudition même, que nous avons été heureux de faire partager à un lectorat, certes toujours insuffisant à nos yeux, mais fidèle dans son ensemble (1). Nous espérons avoir contribué, à notre niveau, à faire connaître un peu mieux le Viêt Nam. Sans œillère, ni langue de bois, mais non sans empathie, voire tendresse pour cette contrée, ses habitants, sa culture, son histoire. Je ne dis pas, à dessein, « amoureux du Viêt Nam » comme on l’entend régulièrement, car d’une part l’amour est trop souvent aveugle et une grande passion peut très vite se transformer en aversion aux premiers déboires, aux premières déceptions. Il ne s’agit pas non plus de feindre la hauteur de vue détachée et savante (ou prétendue telle) alors que tant de liens humains nous relient à ce pays et nous empêchent de concevoir cette région comme un simple objet d’étude et d’observation loin de tout affect
.

 

Dominique Foulon

Carnets du Viêt nam n°33

Sommaire

p 2

Courrier des lecteurs

 

p 3 Editorial

 

A bout de souffle
par Dominique Foulon

p 4 Actualité

Paysans expulsés
Les conflits, parfois violents, qui opposent les paysans aux autorités et à la police se multiplient et tout indique que ce phénomène continuera à prendre de l’ampleur.

Coup de torchon
La section d’Haiphong du PCV a annoncé que 50 officiels de la région ont été « punis » pour leur rôle dans l’éviction illégale du début de l’année et qui avait conduit aux réactions violentes de Doàn Van Vuon (voir CdVN n°32)

Dow Chemical hors des J. O.
Les Jeux Olympiques et Paralympiques d’été 2012 de Londres commencent le 27 juillet. De nombreuses associations d’amitié et de solidarité avec le Viêt Nam ou qui œuvrent contre l’agent orange ont souligné avec indignation la présence parmi les sponsors  de Dow Chemical. « Dow Chemical n’est pas n’importe quelle firme : Dow Chemical a apporté mort, dévastations et d’indicibles souffrances à des millions d’êtres humains, un comportement en profonde contradiction avec l’Idée Olympique », souligne l’Association Suisse-Vietnam.

par Dominique Foulon

p 5

Les aventures inattendues d’un film
par André Menras
Propos recueillis par Dominique Foulon
Acte 1er : Le film, tourné grâce à la télévision vietnamienne et avec toutes les autorisations nécessaires, est interdit de projection à Hô Chi Minh-Ville le 29 novembre 2011
Acte 2 : De retour en France André Menras projette le film à Paris puis à Lyon...
Acte 3 : La mairie de Montpellier refuse une salle pour la projection du film au nom de ses bonnes relations avec la Chine.
Acte 4 : La presse vietnamienne parle du film de manière élogieuse.
Acte 5 : Le film est présenté en France et en Europe.
Nous avons demandé à l’auteur de revenir sur tous ces aspects (2).

andre menras
p 8
  
Nguyên Khanh Hoi (1931-2012)
            par Dominique Foulon
Ho?i est décédé le 16 février. Cette revue est aussi la sienne car il en était un des fondateurs et nous avait aidé aux moments difficiles. Il nous revenait lors de ces obsèques de lui rendre hommage et de mettre en lumière certaines de ses actions demeurées dans l’ombre

nguyen khanh khoi

p 10

Thu Thiêm
            par Nicolas Lainez
La représentation d’un espace urbain en transition
ou comment révéler l’invisible à Hô Chi Minh-Ville

p 15
L’adieu des Vietnamiens à Raymond Aubrac
par Janine Gillon
Il y a cinq ans, presque jour pour jour, je disais ce que fut, dans la Cour d’honneur de l’Hôtel des Invalides à Paris, « l’adieu des Vietnamiens à Lucie Aubrac ». J’y rappelais la grande amitié qui liait Raymond et Lucie au président Hô Chi Minh, depuis le séjour de ce dernier, en 1946, dans leur maison.

p 16
Agent  de liaison : le long parcours d’un petit soldat
par Christian Mai
Il est toujours intéressant de découvrir dans le destin d’un homme un épisode refoulé, une tranche de vie qui s’ajuste mal à ce qu’on connaît de lui et qui, par son caractère incongru, ne laisse pas de questionner.
L’homme qui est devant moi est français. Il ne l’a pas toujours été. Il s’appelle Christian Mai mais il est né sous le nom de Mai Xuân Suong en 1937 au Viêt Nam, à Da Nang que l’on appelait Tourane.

p 19

Proverbes et dictons dans l’imagerie populaire
            par Nguyên Du et Jean-Pierre Pascal
Comme le rappelle Thái V?n Ki?m, « si partout ailleurs dans le monde, tout finit par des chansons, au Viêt Nam, tout commence par des proverbes, des maximes et des dictons populaires (3). » On en compte, en effet, plusieurs milliers concernant les travers des hommes et de la société, les principes moraux ou philosophiques, la vie du couple ou de la famille, la fidélité à la patrie ou aux siens, les faits de la nature, les phénomènes climatiques, les aléas agricoles, etc.

p 23

Diêm Xuà
      par Trinh Công Son
   traduit par Duong Tuong
S’appelait-telle Diêm ? ou la jeune fille n’était-elle qu’une beauté anonyme ? Qu’importe… Trinh Công Son révèle quelque part que cette jeune fille était une lycéenne de Huê qu’il aimait à suivre des yeux quand elle longeait les haies odorantes sur les bords de la rivière des Parfums

trinh cong son
p 24  
Le coin du Fantôme :
Liên et  le musée colonial
par Gérald Gorridge

gerald Gorridge
p 26  
En chemin avec Toan et Hoi
  par François Trieu
Je suis né à Paris de parents Vietnamiens venus en France dans l’entre-deux-guerres. Ce n’est que tardivement que je me suis intéressé à leur vie, je m’interroge toujours sur eux et en même temps sur moi-même, sur ma part de Viêt Nam, sur mon identité. Je sais peu de choses de Toán, mon père, et de H?i, ma mère. Il ne me reste que des documents, des photographies et des souvenirs. Dans mon imaginaire c’est un conte, une légende.



p 30  
L’art contemporain vietnamien a-t-il
(encore) quelque chose à dire ? 

par Laurent Colin
Si on tente de dresser un bilan de l’évolution de la production artistique du Viêt Nam depuis une vingtaine d’années, le constat qui s’impose est assez navrant. Il semble clair aujourd’hui que, parallèlement à la politique d’ouverture économique engagée à la fin des années 1980, les arts ont plutôt connu une stagnation voire une régression alors même que les galeries, les manifestations, à l’intérieur mais également à l’extérieur du Viêt Nam, se multipliaient accompagnées des inévitables « workshops », « symposiums » et autres « art talks » bavards.

 

p 35  
Arrêt sur images : Pleine lumière sur des obscurs
par Philippe Dumont
Ils ne sont sans doute pas inconnus pour tout le monde, mais il va être question ici de comédiens d’origine vietnamienne incontestablement oubliés. Pourquoi, comment sont-ils venus en France ? Comment ont-ils trouvé leur voie dans le cinéma des années 1930 ? Je n’en sais strictement rien.

p 39  
Le Lotus dans tous ses états,
un film écrit et réalisé par Phillippe Rostan

par Janine Gillon
Autrefois, il y a bien longtemps – il avait quel âge ? six ans, sept peut-être – à l’orée de la plantation d’hévéas de son père, il y avait un champ de lotus. C’était à Saigon dans les années soixante-dix du siècle dernier…

p 40
Le poète Nguyên Khuyên  (1835-1909)
      par Lâm Chi-Lan
Nguyên Khuyên fut un des derniers poètes vietnamiens à écrire en nôm. Il est aussi connu sous le nom de Yên Do, son village natal dans la province de Ha Nam, ou de Tam Nguyên Yên Do, parce qu’il fut à trois reprises reçu Premier lauréat des concours triennaux.

Nguyen Khuyen

p 44
Page oubliée

Cementèri d’Annam
par Jules Boissière
Jusqu’alors journaliste à Paris (et secrétaire local du Félibrige représentant, à en croire Charles Maurras, « une sorte d’extrême-gauche implacable aux vains francihots »), Jules Boissière (1863-1897) part pour l’Extrême-Orient en février 1886.

jules boissiere

p 45
Livres
par Dominique Foulon

Vo Nguyên Giap, une vie
propos recueillis par
Alain Ruscio (Hanoi 1979-2008)
Les Indes Savantes, 2011

Un marin au cœur de l’exode indochinois, 1954-1955
récit de Pierre-Jean Yvon
Pascal Galodé (Saint-Malo), 2010

De la Résistance à la guerre d’Indochine
témoignages recueillis et présentés par Claude Collin
préface d’Alain Ruscio
Les Indes Savantes, 2011

De la Résistance à l’Indochine
Les cas de conscience d’un FTP dans les guerres coloniales

par Pierre-Alban Thomas,
préface de Raymond Aubrac, postface de Georges Doussin
L’Harmattan, 2010 

 
 
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